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Qu'est-ce qu'être femme ?

Et si on se questionnait sur ce que l'on pense relever uniquement de la nature : les différences entre les sexes ?

On parle du masculin, du féminin. Comme s’il y avait un consensus global. Comme si ces termes étaient destinés à être opposés. Comme si l’imaginaire collectif autour des catégories de genre ne pouvait pas relever d’une construction sociale, historique, culturelle.

J’ai grandi en croyant qu’il n’existait qu’un type de femme idéal. J’ai grandi en croyant que pour me tailler une belle/suffisamment bonne place dans notre société, il fallait que je lui ressemble ou au moins que je montre que j’aspirais à lui ressembler. J’ai cru que je n’avais pas d’autre choix. J’ai cru que c’était la seule voie possible. Et j’ai découvert Virginie Despentes. J’ai lu King Kong Théorie. J’avais 20 ans et enfin j’ai pu avoir une bouffée d’espoir. Ces mots, que beaucoup de mes copines ont relayés à l’époque sur les réseaux sociaux et que je cite ci-dessous, m’ont fait réaliser qu’il y avait des discours normatifs sur ce que devait être la féminité et des féminités pleines de créativité qui se déployaient en pratique autour de moi :

« J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas » Virginie Despentes, King Kong Théorie, 2006.


En fait ce qui m’importe le plus aujourd’hui, c’est le lien à l’Autre. L’un des moyens les plus efficaces, à mon sens, pour sortir de soi, de son monde connu aux limites plus ou moins précises et rassurantes, pour aller plus loin dans la compréhension du monde social et de soi-même.


Je suis une femme, blanche, ayant longtemps cru que le point de vue hétéronormatif que je portais sur le monde était légitime. Et aujourd’hui, j’aspire à plus. Je voudrais apprendre comment les autres vivent dans le monde. Femmes qui jouent un rôle social « féminin », femmes qui jouent un rôle social « masculin », femmes qui disent se reconnaître dans aucun de ces rôles sociaux, hommes qui jouent un rôle social « féminin », hommes qui pensent avoir une place d’homme plus légitime si elle est supérieure à celle des femmes…

Les femmes que j’admire, ce sont les femmes du quotidien, celles qui font de leurs mieux avec ce qu’elles ont. Celles qui sont à la marge et qui cherchent du sens à leur vie. Celles qui n’ont de cesse d’évoluer. Celles qui ont le goût du risque et du changement. Je vous mets le lien vers un podcast d’Arte Radio, La galette des reines, décrit comme « un portrait à deux voix d’une marginalité féroce et assumée, qui questionne notre morale, nos certitudes et nos choix ».

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